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A.G. du 19 Mars 2019

Rapports moral et financier de l’exercice clos le 31 décembre 2018

Le 19 Mars 2019, à la Salle des Bruyères, 56 rue de Chassagne à TERNAY (69360), l’Assemblée Générale annuelle de l’association s’est ouverte à 19 h, en présence de 35 des membres ; 35 autres se sont excusés par des messages internet ou postaux.

RAPPORT MORAL

Pour la 5è année la région des C.H.T. est interdite aux étrangers, Madame RUBIN n’a donc pu s’y rendre. Grâce aux multiples échanges internet et téléphoniques, nous sommes tenus presque au jour le jour, au courant du travail qui continue de se faire sous la responsabilité de Ghana jyoti CHAKMA pour le développement des villages de Khagrachari et Dighinala (soins et chirurgie, forage de puits et installation d’électricité)  et de Nishan CHAKMA, directeur du grand centre éducatif de MOANOGHAR.

Le Père Bernard SARKAR, originaire du Bangladesh et résidant dans notre région nous a donné quelques nouvelles, assez bonnes du reste, de la politique actuelle de son pays:

 La première ministre, Cheik Hasina, a été réélue fin décembre pour un troisième mandat, avec une importante majorité.

Elle est la fille du fondateur du Bangladesh, Mujibur Rahman qui a été assassiné en 1972 avec tous les membres de sa famille, seule Hasina et sa sœur ont réchappé au massacre, étant étudiantes à l’étranger à ce moment-là. En 2009, Hasina a été blessée dans un attentat lors des élections de 2009.

Cette femme, âgée de 74 ans, mène le pays avec une grande intelligence et fermeté. Sa priorité est l’éradication de la corruption, un mal récurrent du pays, l’amélioration de la place faite aux femmes, la lutte contre les mariages précoces etc… Le pays change en bien ; le P.I.B. a augmenté de 7,5 %, beaucoup de nouvelles infrastructures, suffisamment de riz pour nourrir le pays mais la démographie grandissante et le réchauffement climatique posent de sérieux problèmes à plus ou moins long terme.

Revenons à notre activité de l’année 2018.

Monoshanti  Chakma, français, s’est rendu au Bangladesh pour une visite à sa famille ; nous l’avons missionné pour aller sur chaque site où nous sommes intervenus cette année, accompagné de Ghana Jyoti CHAKMA, notre correspondant :

  • Visite  au père de famille gravement brûlé en 2017 ; sa famille lui a aménagé une petite maison en bambou pour vendre de l’épicerie ; nous l’aidons encore cette année de 400 euros pour la scolarisation de ses enfants.
  • Visite au bassin de pisciculture : un violent orage suivi d’inondations a traversé les maisons et emporté couvertures et casseroles des maisons en bambou. Le bassin a débordé et la majorité des poissons a été rejetée. Cette année il a fallu ré ensemencé, donc pas de revenu ou si peu.
  • Visite aux deux puits réalisés cette année à Dighinala. Ceux de Kolajhiri et Alikadam  dans le Sud des CHT étaient trop éloignés pour que Monoshanti  puisse aller jusque-là.

 

Un autre  français, Maxime CHAKMA, qui m’avait accompagné en 2013 au Bangladesh, s’est chargé d’acheter du vin au Domaine TREMBLAY près de Nancy, l’a revendu à ses conna­issances de la région au profit de Peuples des Collines.  Nous avons reçu et payé la facture, le bénéfice de l’opération a été de 800 euros.

Nous devons vous annoncer deux mauvaises nouvelles :

  • Le bébé dons nous avons mis la photo sur le courrier de Novembre dernier, est décédé de la mort subite du nourrisson ; pas de lien avec la malformation de son pied.
  • Notre amie Suzanna HACHA, responsable de PANCHGAON, et des 60 enfants de la Mission dont elle est responsable et pour lesquels on aidait pour leur scolarisation et un repas quotidien, est atteinte d’une tumeur au cerveau non opérable.  Depuis trois mois, elle n’assurait plus sa responsabilité. ; nous avons eu cette information fin Janvier.

 

Dans l’introduction de notre A.G. 2018, nous vous avons rappelé la succession d’évènements heureux qui ont ponctué le chemin de l’association pour parvenir à ces 35 années de travail pour les minorités.

Je me demandais parfois comment pourrait s’arrêter « Peuples des Collines » et j’aurais pu imaginer que d’autres évènements se produiraient  pour que notre engagement cesse  naturellement. On constate aujourd’hui que plusieurs programmes se sont déjà arrêtés depuis 2016 :

  • Le programme des Missions de l’évêché de Chittagong : après le décès de notre correspondant, le Père BENOIT, canadien francophone, décédé brusquement d’une crise cardiaque,  un successeur l’a remplacé mais au bout de deux ans, le travail n’était pas satisfaisant, nous attendions les budgets, les réponses au courrier, nos versements étaient transmis à chaque Mission car les responsables les réclamaient à l’Evêché. Nous avons donc arrêté la collaboration en 2016/2017.

 

  • Puis BARISAL, le programme de médecine traditionnelle + planning familial a cessé en Janvier 2017,  victime d’un éclatement interne dû à une mésentente entre la fille de la Fondatrice, Cécilia Halder et les 15 femmes formées par elle pour aller enseigner les villageoises sur la culture des plantes, le planning familial et la diététique des femmes enceintes.

 

  •  Et actuellement la maladie grave de Suzanna qui nous oblige à stopper son programme faute d’une ou d’un successeur que nous ne connaitrons pas, il n’est plus question d’aller sur place.  Nous avons versé début Février 1 500 €, comme prévu dans notre  budget et le sien ; 1 000 euros seront versés début Mai pour finir l’année scolaire et ne pas rompre brutalement.

Cette petite rétrospective pour vous dire que certains programmes s’arrêtent… « naturellement » !

Nous continuons par contre :

  • les opérations de cataractes, les puits, l’installation de la ligne électrique et autres aménagements fort utiles dans les villages, avec la collaboration de Ghana Jyoti Chakma
  • et surtout notre aide au Centre scolaire de MOANOGHAR qui accueille uniquement des élèves issus des tribus des C.H.T. mais majoritairement, des Chakmas, Tripuras, et Marmas.
  • Nous avons des liens « historiques avec les Chakmas et les Tripuras », du fait de la venue en France des 72 garçons en 1987, accueillis par des familles françaises, dont certaines les ont adoptés. Nous avons été sensibilisés aux difficultés de réintégration de leurs parents et des 60 000 personnes exilés en Inde depuis 1985/1986, rapatriés au Bangladesh en 1997, grâce à Cheik Hasina qui prenait le pourvoir à la suite des élections de cette année-là. A ce moment aussi, la région des C.H.T. a été rouverte aux étrangers, ce qui a permis notre premier voyage au Bangladesh ; nous avons parlé de ces évènements à l’Assemblée Générale du 15 Mai 2018.
  • Quelques mots pour connaitre mieux Moanoghar et le travail de l’équipe dirigé par Nishan CHAKMA.

 

Ce dernier est venu en France de 1988 à 2002 (environ) pour faire des études supérieures. Nous le connaissons personnellement puisqu’il a passé 2 ans à Lyon, à l’Ecole Sup de Commerce et à l’institut des Droits de l’Homme.

 

Son projet était de retourner au Bangladesh donner ce qu’il avait reçu en France.

Le centre de Moanoghar  avait été fondé par des moines bouddhistes en 1974 après la guerre d’Indépendance de 1971 où le Pakistan Est est devenu Bangladesh.

De très nombreux orphelins ont alors été accueillis à MOANOGHAR « La maison des enfants ».

L’établissement étaitsoutenu par l’association PARTAGE qui, en 2000 a brusquement arrêté son aide. Le Gouvernement prit le relai pour une durée de 5 ans pour éviter la fermeture de l’établissement.

C’est en 2005/ 2006, que Nishan CHAKMA, après le départ des moines âgés, constitua une association bénévole en réunissant d’anciens élèves. Un travail énorme les attendaient ; il y avait 500 à 600 enfants, des bâtiments non entretenus, l’immense site était dans un état désastreux…Il fallait trouver de l’argent, des donateurs ; avec un grand courage et de l’intelligence, la petite équipe assura d’abord le casuel. Puis des appels à l’étranger par Nishan qui parle un anglais et un français parfaits (plus le bengali et son dialecte chakma) furent peu à peu entendus pour tout d’abord, éponger les dettes, parer aux premiers travaux de remise en état et assurer le fonctionnement du campus. Des donateurs ont permis l’installation de l’électricité sur tout le campus.

En 2011, nous avons commencé à apporter en finançant un étage supplémentaire à un des dortoirs des filles (8 000 €)  puis l’assainissement du site (25 000 €),  la fabrication de 400 lits (6 000 €), la réfection des dortoirs des garçons (20 000 €) et plus récemment, le mobilier scolaire d’un bâtiment offert par le Gouvernement,( photo du bât. et d’une classe) (6 000 €),  participation aux travaux après les glissements de terrains (20 000 €) etc…

En 2013, la Nouvelle Zélande a financé un grand bâtiment scolaire (photo) et en 2018, le Gouvernement propose de prendre en charge un autre bâtiment. Le nombre de classes maintenant est suffisant, il y a 1 400 élèves (dont 650 internes).

L’enseignement est classique de la classe de CE2 à la terminale et quelques élèves poursuivent des études supérieures à l’Université de DHAKA ou de CHITTAGONG.

Une section technique  comporte un atelier de menuiserie et soudure ; ce sont les  garçons qui ont fabriqué les lits et les bancs et tables des nouvelles classes ; une section de tissage  et de couture où les filles confectionnent tous les uniformes de l’établissement.

 Moanoghar n’attend pas que les dons mais essaie aussi d’acquérir  un peu d’autonomie.

Une boulangerie a été créée grâce au don d’un grand four en 2013, j’ai assisté à l’arrivée de ce matériel lorsque j’étais au Bangladesh avec Maxime Chakma.

L’année suivante, j’ai vu partir le matin des dizaines de caisses remplies de pains de mie (photo) pour les ventes dans des magasins de Rangamati !

Le prochain projet est l’aménagement d’un atelier de mécanique pour 2020 pour en faire une autre section technique et par la suite un rapport par la réparation de véhicules.

Nous aimerions continuer d’aider Moanoghar qui représente pour le Gouvernement un lieu d’enseignement de très bon niveau et un moyen d’étendre l’éducation de centaines de jeunes des tribus.

Quand Mujibur Rhaman a fondé le Bangladesh, son idée était d’unifier le pays et c’est sans doute ce que voudrait réaliser sa fille, Sheik Hasina  en se montrant coopérative à l’égard de la population tribale. Par contre, la démilitarisation des C.H.T. conclue dans les Accords de Paix signés en 1996, entre le Gouvernement et une partie de la minorité ethnique, n’est toujours pas réalisée.

 Nous avons fait un grand aparté sur Moanoghar mais les actions d’éducation et de développement générées par l’accession à l’eau potable, à la médecine, à la chirurgie et l’éducation, apportent à la région des Collines l’espoir d’être reconnu.

 

Plus aucune question n’étant à l’ordre du jour,
le quitus est donné à l’unanimité.

 

Rapport financier

La trésorière, Madame Nicole Psaltopoulos présente les comptes au 31 décembre 2018, le détail des sommes envoyées au Bangladesh et le budget pour l’année 2019.

 

Les actions réalisées :

  • 170 personnes ont été opérées de la cataracte – les transports par groupe de 35 personnes sont organisés par Ghana Jyoti à qui nous envoyons l’argent par Western Union, qui le retire sur place et l’emporte à l’Hôpital de CHITTAGONG où sont opérés les patients. Ghana nous envoie chaque fois la liste des patients et le reçu de l’hôpital à qui  il a remis l’argent. 7 530 € + Frais de transport par bus, 1 656 €.
  • PANCHGAON 60 enfants, scolarisation et nourriture : 6 000 €
  • Frais de développement dans les villages 5 370 €

       -     Une installation de ligne électrique pour laquelle nous avons versé 2 acomptes de

                     1 100 €, ne sera terminée qu’en Avril prochain (2019) – il reste 800 euros à payer. 35 familles

                     pourront avoir accès à l’électricité au-delà du village de Dighinala).

Un générateur a été acheté pour la Maison du riz et rend grand service pour pallier aux

        nombreuses et quotidiennes coupures d’électricité. 720 €.

  • Une vente de vin a été organisée par Maxime CHAKMA. Nous avons réglé la facture de 1 795 € et

        reçu les chèques des clients ; le bénéfice de cette opération a été de 800 €. Merci à Maxime

        qui a visité plus de 60 familles.

       -     4 puits profonds ont été forés, deux dans la région de Dighinala ( Nord des CHT et deux dans le  

                     Sud des CHT à Kolajhiri. 4 200 €.

       -     Frais d’éducation scolaire et 1 universitaire. 7 695 €

 

 Quelques aides directes à des familles très pauvres sont évaluées par Ghana Jyoti  + deux parrainages scolaires de 100 € par mois pour deux étudiants . Le salaire mensuel de Ghana Jyoti est de 60 euros par mois. Sans lui, nous ne pourrions pas continuer les cataractes, les puits et le reste.

La somme envoyée au Bangladesh cette année est de 43 085 euros, plus les dons réunis par Monsieur Wolter pour un dortoir de 100 jeunes filles, d’un montant de 23 750 euros.

Les frais de fonctionnement de l’association sont réduits au minimum, seuls les frais d’envoi par Western Union(750 €) et timbres postaux (550€), s’élèvent à 1304,13 euros.

Le quitus est donné à l’unanimité pour cette gestion des comptes à fin décembre 2018 à 20h30.

Un sympathique repas partagé a clôturé une nouvelle soirée d’amitié.

 

 

Mme Françoise CLEMENCEAU     Madame Nicole PSALTOPOULOS     Mme M-Claude RUBIN

                 Secrétaire                                          Trésorière                                    Présidente


 

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