Compte-rendu Voyage au Bangladesh
du 11 Février au 2 Mars 2009
Chers amis,
Au retour du Bangladesh, comment exprimer toutes les émotions que j'ai ressenties lors des rencontres, des visites de projets dont les bénéficiaires nous deviennent familiers, de la spontanéité de l'accueil dans les modestes maisons, de la beauté des paysages de campagne, de la gentillesse des enfants, du spectacle plein de couleurs des danses traditionnelles etc.
Cette année trois semaines étaient nécessaires pour trois déplacements importants :
Région de la tribu des GAROS, tout au Nord du Bangladesh, à la frontière avec l'INDE, à une journée de voiture, depuis DHAKA. C'est le projet supervisé par Miss Suzanna HACHA. Un étudiant que l'on avait sponsorisé dans le passé m'accompagne. En arrivant au dernier village, on doit laisser la voiture et, chargés des sacs, nous traversons à pied une immense plaine.
Surprise ! on distingue bientôt un groupe d'enfants, venant à notre rencontre, avec des chants d'accueil. Après, sourires et salutations, nous reprenons la marche jusqu'au pied des collines qui apparaissent au loin, frontière naturelle du Bangladesh avec l'état indien du Méghalaya.
La Mission, une maison en tôle, équipée de panneaux photo-voltaïques financés par « Peuples des Collines », et d'un générateur apportent le nécessaire en électricité. Une trentaine de petites maisons en bambou ou en terre forment un hameau abritant les familles de la centaine d'enfants scolarisés dans l'école primaire de la Mission et encadrés par deux institutrices et miss Suzanna.
Dix-sept filles et garçons, maintenant en 1er cycle, sont à Mymensingh, ville à 100 km entre Dhaka et Panchgaon, donc en internat, pris en charge par notre association.
Tous les enfants m'ont paru assez bien portants, contrairement aux photos que nous recevions au début de notre action.
Le repas quotidien sera remplacé maintenant par un goûter (tiffin), comportant fruit, et verre de lait (il y a deux vaches laitières à la Mission), ou ouf ou biscuits. Prix de revient 5 TK, soit 6 centimes d'euros par enfant et par jour. Le niveau de vie des familles est meilleur grâce à la dynamique présence de la Mission, aux emplois créés, aux soins médicaux et (puisque les tribus en consomment) à l'élevage de plusieurs porcs achetés par « Peuples des Collines » précédemment.
Le deuxième jour, pas d'école en raison d'une fête publique, sera l'occasion d'un repas exceptionnel pour la nombreuse assemblée. Le cuisinier a tué un cochon et l'a découpé en tout petits carrés de la tête à la queue (recette traditionnelle !...). Le riz qui l'accompagnait était distribué largement.
L'après-midi, spectacle de danses traditionnelles par les enfants de l'école. Partout au Bangladesh, la danse, le chant, la musique, le dessin, ont une large part dans les programmes scolaires.
Cette visite « au bout du monde » confirme que notre aide bien que relativement modeste, gérée par une personne dévouée et compétente (Suzanna) apporte aux enfants de ce village, une éducation dont tous ceux du pays devraient logiquement bénéficier.
pour un Jubilé organisé par l'Evêché de Chittagong afin de fêter l'implantation de la première paroisse catholique du diocèse dans le Sud des Hill Tracts, il y a 50 ans.
Plusieurs évêques du Bangladesh et le Nonce Apostolique étaient présents, mais aussi des représentants d'autres religions, musulmans, hindouistes, bouddhistes, un laïc de la tribu des Chakmas, Shantu Larma, responsable de toutes les minorités des CHT. Tous ont eu (longuement.) la parole.
Deux à trois mille personnes des tribus Tripuras, Marmas, Mrus, Kumirs, Bombs, Chakmas, Tanchangyas et autres, animistes, bouddhistes ou chrétiens, venus du Nord au Sud des Hill Tracts, en famille et en costumes traditionnels, ont contribué à créer une atmosphère tout à fait particulière, paisible et respectueuse, parfois empreinte d'une ferveur sincère. Les cérémonies religieuses où se mêlent la beauté des chants, des danses et des offrandes furent des moments privilégiés .
Tout le travail éducatif de l'Eglise depuis des décennies dans cette région, contribue à élever la qualité des relations humaines, à responsabiliser les animateurs bengalis ou tribaux en charge d'écoles ou d'internats, à ouvrir une voie aux personnes en quête de spiritualité, mais aussi permettre l'accès des jeunes de toutes origines à des formations techniques ou supérieures.
Le puits dont le forage a nécessité de descendre à 550 pieds (soit 175 m.) alimente depuis janvier le bâtiment des jeunes filles. Très apprécié à l'approche de la saison sèche, Il a été de la plus grande utilité pour désaltérer les milliers de participants au jubilé et préparer pour quelques TK autant de repas (riz et poulet).
Un don inattendu de 5 000 euros du Comité d'action humanitaire de la Société SIGMA* va nous donner l'opportunité de répondre à des besoins essentiels, à savoir, 5 puits (à 600 euros) répartis dans le grand village de KHAGRACHARI et 2 puits (à 1000 euros) à ALIKADAM où nous finançons déjà les frais de fonctionnement d'un internat.
Depuis les élections de la 1ère Ministre, la Sheik HASINA, le calme semble rétabli dans le pays en général, malgré un grave incident vite réprimé (cf un article dans La Croix du 5 mars 2009) ; on constate un effort sensible du gouvernement sur la baisse des prix de produits de première nécessité, l'ouverture de travaux d'infrastructure, l'arrêt des grèves à répétition qui pénalisaient le pays etc.
Cette situation a permis de se déplacer avec les autorisations d'usage dans les C.H.T. mais sans les mêmes contraintes policières que l'an dernier.
Jamtali - le nouveau village des 15 familles ex-réfugiées.
Accompagnés de notre « responsable des projets de villages » Jnana Jyoti et d'un Chakma français retourné au pays, Nanda, bon traducteur du dialecte Chakma, et Mihir Kanti, également en visite dans sa famille d'origine, nous avons pris assez de temps avec ces familles pour connaître la situation de chacune ;
En 2008, nous avions financé des agrandissements de 7 maisons pour les familles les plus nombreuses, des latrines pour chacune des 15 maisons et 5 puits que se partagent les 15 familles. Reste à pourvoir, l'électricité. Nous attendions pour envoyer l'argent, d'avoir un devis officiel qui n'est jamais venu. Visite à l'Administration chargée des autorisations d'installation. Nous avons été prévenus que le devis se ferait sur un bout papier libre, que j'ai rapporté d'ailleurs. La somme demandée de 163 000 Takas (soit 1 900 euros) ira probablement dans la poche d'un ou plusieurs employés !... Au Bangladesh la corruption n'est pas encore éradiquée. Alors, que fait-on ? ? ?
Milampur est un 2è village de 12 familles ex-réfugiés, relogées par le Gouvernement. Ils ont l'électricité, des latrines et des puits. Ces villageois demandent une machine à décortiquer le riz qu'ils rentabiliseront en la louant et se partageront le revenu. Coût : 2 000 euros. Prochaine récolte en juillet. Nous espérons pouvoir financer d'ici là.
Dighinala - Midhya Boalkhali : demande de trois pompes à main et margelle en ciment (60 euros l'une). Reconstruction d'une maison en bambou détruite à la dernière mousson (100 euros). Achat de 2 chèvres et d'un porc (100 euros), d'une vache laitière (125 euros). 5 sponsorings pour une année scolaire (250 euros les 5).
Tarabunia - Dans notre dernier courrier, nous vous parlions de l'expropriation de l'école primaire par le propriétaire du terrain. L'association avait l'aménagé en 2002. Les parents d'élèves ont démonté l'école pour récupérer le plus possible de poteaux en bambou, le toit en tôle et les murs en palissades.
Nous avons trouvé un autre terrain de 400 m² environ pour 500 euros à condition de pouvoir renouveler l'autorisation de reconstruire l'école. Une soixantaine d'enfants sont candidats à l'inscription dans les classes primaires.
Pas de temps suffisant pour aller à BARISAL, visiter l'association « Helping Hand ». Ber- nadette Poisson y était en décembre dernier. Nous reconduisons le budget de 2 000 ?.
Voila, Chers Amis, le résumé de ce qui est prévu dans le budget général de cette année (voir le détail au dos), en comptant sur votre généreuse fidélité. Je suis chargée de vous transmettre les chaleureux remerciements venant du cour de toutes les personnes dont vous améliorez les conditions de vie.
MERCI à vous en tout fraternité.